Conclusion

              À travers ce dossier, nous avons tenté de comprendre et d'expliquer quelles sont les relations entre folie et art; comment la folie se trouve représentée dans différents arts. Parce qu'il est long et malaisé de définir précisément la folie, nous avons choisi de désigner par "folie" l'ensemble des troubles mentaux, psychologiques, et écarts de comportements que nous avons abordé. Un cliché répandu veut que tout artiste soit fou. Certes, ce cliché est réducteur et peut être largement discuté, mais en lisant Le Horla de Maupassant, ou en voyant les autoportraits d'Egon Schiele, on se rend compte qu'il contient sa part de vérité. En effet, chaque artiste met une part de lui-même dans son œuvre. Et en étudiant les biographies des artistes étudiés, on s'aperçoit que - pour ceux qui représentaient leur propre folie - ils souffraient psychologiquement, de manière plus ou moins grave. Ainsi, lorsque l'art tend à représenter des sentiments extrêmes, la notion de folie est toujours présente. De tous temps, la maladie mentale a été un tabou social, et encore aujourd'hui une gêne s'établit lors de la confrontation à la folie. La place du fou dans la société a cependant évoluée avec, entre autres avancées, l'apparition des premiers hôpitaux psychiatriques vers 1820 et la naissance de la psychanalyse à partir de 1900. L'art a suivi de très près cette évolution, en effet au fil des siècles les œuvres sont de plus en plus "osées". On peut également observer que, si le traitement du fou a évolué de manière positive, nos sociétés occidentales contemporaines ont amenées leurs nouvelles formes de folie. Les troubles alimentaires tels que l'anorexie ou la boulimie, par exemple, sont un mal récent qui est dû aux développements de nos sociétés - le "culte de l'apparence", les images véhiculées par la publicité, sont souvent remis en cause. La folie, ainsi que l'art, n'a donc pas fini d'évoluer. En outre, l'art souvent transgresse les règles et sert à répandre un message, pour dénoncer des problèmes contemporains. La folie est un tabou, il est donc normal que certains artistes s'en emparent comme thème pour parvenir à leurs buts. Le spectateur est choqué, certes, mais aussi attiré par le tabou et donc plus réceptif au message de l'artiste.
    Depuis 1947, il existe une forme d'art créée par les malades mentaux, nommée Art Brut. La relation entre folie et art est donc en constante évolution et nous assisterons sans doute dans les décennies à venir, à de nouveaux rapports entre folie et art.