3.c. Le surréalisme.

Le surréalisme




Dans les années 1920, le mouvement dada se scinde en deux camps : le dadaïsme (Tristan Tzara) et le surréalisme (André Breton.) Officiellement, le mouvement du surréalisme naît en 1924, le précurseur André Breton, veut explorer le domaine du rêve grâce à de nouvelles méthodes.

Ce mouvement a pour principales valeurs le temps, le rejet de la logique, la mort, la vie, l’amour passionnel, le rêve, la femme…

Le contexte historique est l’arrivée de Hitler au pouvoir, puis la Seconde guerre mondiale, cela peut donc expliquer la violence de certaines œuvres (La Guerre, peinture d’Otto Dix.)

En 1924, Breton publie le Premier manifeste surréaliste et définit, à la manière d’un dictionnaire, le surréalisme. Après une définition aboutie, il cite les principaux écrivains surréalistes : Aragon, Desnos, Eluard, Morise, Naville, Soupault…

 

 

Exemple de poésie surréaliste :

 

Elle est debout sur mes paupières

Et ses cheveux sont dans les miens,

Elle a la forme de mes mains,

 

Elle a la couleur de mes yeux,

Elle s'engloutit dans mon ombre

Comme une pierre sur le ciel.

 

Elle a toujours les yeux ouverts

Et ne me laisse pas dormir.

Ses rêves en pleine lumière

Font s'évaporer les soleils

Me font rire, pleurer et rire,

Parler sans avoir rien à dire.

 

 

Paul Eluard, l’Amoureuse, Mourir de ne pas mourir, 1924

 

 

 

 

Un autre thème largement présent est le hasard. L’illumination poétique vient de la rencontre inattendue de personnes, mais aussi des associations libres d’images et de mots : les cadavres exquis. Ces derniers permettent de s’affranchir des barrières imposées par la raison.

 

Exemple de cadavres exquis : Le désespoir méchant mange des rochers.

                                                     Un beau babouin chasse de la crème.

                                                     Les fous crachent les belles mélodies.

 

 

  Persistance de la mémoire Salvador Dali 

DALI : Persistance de la mémoire, 1931

 

Cette œuvre du peintre espagnol Salvador Dali est entièrement surréaliste. Il peint tout d’abord un paysage désert où sa femme lui avait acheté une maison. En peignant des montres, il décrit le temps qui passe, celles-ci coulent et sont molles car le peintre venait de manger un camembert. Cela montre aussi la peur de la mort, car le temps abouti irrémédiablement à la mort. Ces montres molles sont donc en opposition totale avec la rigueur et les traits très droits de la table à gauche, puis l’objet au fond, à gauche. L’objet clair au centre du tableau est un fœtus car l’artiste dit se rappeler la période où il n’était qu’un fœtus dans le ventre dans sa mère.  Le réel (table, arbre…) et l’irréel (montres, fœtus…) s’opposent dans cette œuvre. Ainsi, cette œuvre est une œuvre surréaliste car les thèmes dominants suivent ce mouvement.

 

Pour explorer les tréfonds de leur inconscient, les surréalistes inventent l’écriture automatique. André Breton écrit Les Champs Magnétiques en 1919, il mélange l’inconnu et l’invisible.

 

En 197o, les surréalistes crée l’OULIPO (Ouvroir de LIttérature Potentielle). C’est un groupe international qui mêle littéraires et mathématiciens. Ceux-ci s’amusent en se fixant des contraintes, ils inventent le lipogramme (enlever une lettre), le monovocalisme (rajouter une lettre), le palindrome et l’abécédaire.

 

C’est au moyen de l’exploration du monde des rêves grâce aux drogues ou au procédé d’écriture automatique que ce mouvement innove. Dali et d’autres peintres, ou auteurs surréalistes ont souvent été traités de fous par d’autres. On retrouve ici, dans ce mouvement, des thèmes qui peuvent faire peur : l’amour passionnel, le temps, la mort, le rêve… Ainsi, en classant ce mouvement dans le groupe « folie », les gens ont évité de se confronter à eux-mêmes et le surréalisme a été traité de mouvement « fou ».







CONCLUSION.
A travers toutes nos analyses de mouvements artistiques, nous avons compris en quoi ceux-ci ont choqué leur société. Mais au delà de cela, nous avons aussi compris que ce n'est pas tant le mouvement en lui même qui le rend fou, mais c'est en fait la société dans lequel il évolue. Effectivement, le surréalisme ne choque plus de nos jours comme il a pu choquer à son époque. La folie d'un art, ou donc d'un mouvement, vient effectivement de l'opinion et de l'ouverture des gens. Picasso n'aurait probablement pas était caractérisé de fou s'il avait vécu le sommet de sa carrière en 2010.