2.b. Illustration de la folie au cinéma; David Lynch.

Pour illustrer la folie au cinéma, nou allons analyser le film Mulholland Drive, du réalisateur David Lynch. Mais tout d'abord, nous allons réaliser une brève biographie de celui ci.

David Lynch est un réalisateur américain, né en 1946 aux Etats-Unis. En plus d'être cinéaste, Lynch fait aussi figure de photographe, musicien et même de peintre. L'homme est donc sans contexte un véritable artiste. Il s'essaya très tôt au cinéma, en commançant notamment par créer des films expérimentaux, dont le plus connu, Eraserhead (1976). Ce film, en noir et blanc, est un film-cauchemar, qui révèle déjà le style du jeune réalisateur. Mais c'est en 1980, avec Elephant Man, qu'il connaîtra la notoriété. Il réalisera ensuite bon nombre de films à succès, tel que Blue Velvet (1986), Sailor and Lula (1990), ou encore Twin Peaks en 1992 et Lost Highway en 1997. Dans tous ces films, Lynch apporte son propre style, reconaissable d'entre tous.
Il a toujours tenté d'utiliser de nouvelles approches afin de construire ses films. David Lynch leur confit souvent un côté irréel et cauchemardesque. Ceux ci sont la plupart du temps des réalisations sombres, et la musique, à laquelle Lynch accorde une grande importance, n'est pas sans accentuer cette noirceur.

Lynch dit de lui même qu'il "fabrique des mondes et regarde s'ils fonctionnent". Le cinéaste n'est donc pas un artiste comme les autres, et ces films, parfaites illustrations de lui même, fleurtent même parfois avec le non-sens.




"Le monde entier est cruel à l'intérieur et cinglé en surface", David Lynch.
Justement, parlons de folie. L'univers déjanté de Lynch fleurte bien souvent avec la folie, et c'est dans le film Mulholland Drive que celle se lit le plus. Ce film, de David Lynch donc, est sorti en France en 2001. 

Rita, une jeune femme, devient amnésique à la suite d'un accident, dans la nuit d'Hollywood, sur Mulholland Drive. Elle fera peu après la rencontre d'une actrice australienne, Betty, avec laquelle elle va tenter de retrouver sa mémoire, et, de fait, son identité. La suite est quasiment indescriptible, tant elle est complexe. Rita pourrait en fait s'appeler Camillia, ou encore Gilda, et Betty ne serait peut être pas Betty, mais Diane. L'histoire, passionnante, plonge dans le dédoublement (ou plus!) de la personnalité des deux personnages. Tout ceci se déroule sur fond d'assassinat. 

Ce qui marque dans ce film, c'est les changements successifs d'histoire. On ne sait jamais vraiment démêler les rêves de la vérité. Ne voir le film qu'une seule fois n'est pas suffisant pour rassembler les morceaux du puzzle. 
L'aventure de Diane n'est en fait qu'un rêve, poussé jusqu'aux frontières du fantastique. Dans ce film, Lynch ne fait que changer les limites, en lui apportant un grand nombre de combinaisons possibles d'idées. Tout est calculé, et, pourtant, le spectateur se perd dans le sens de l'histoire, allant jusqu'à se demander si il existe réellement une histoire. 

En tant qu'oeuvre artistique, ce film peut être considéré comme fou, incompréhensible. Mais ce qui le rend particulièrement intéressant, c'est la corrélation entre l'histoire du film et sa réalisation, entre les personnages, et la composition du film. En effet, les personnages sont très certainement atteint de folie, et l'on croit voir évoluer de véritables schizophrènes. Mais le film en lui même, grâce au travail précis de Lynch, porte également la marque de la folie.