2.a. La folie au cinéma.

Avant d'analyser précisemment les rapports entre la folie et le cinéma, il est nécessaire de définir brièvement le cinéma.
Le cinéma, c'est composer et réaliser des films. Il s'agit au final de présenter au public un film Le cinéma est un art particulier, car il permet de regrouper tous les autres. Effectivement, le cinéma met en scène des scénarios, à l'image du théâtre, raconte une histoire comme un roman pourrait le faire, mais il utilise aussi la musique et la photographie. Le cinéma est donc un art riche. Il est également riche de part les sujets qu'il permet de mettre en scène. De la même manière qu'en littérature, le cinéma est sous divisé en registres (films noirs, westerns, science fiction, mélodrame, comédie, documentaires etc).
le cinéma plaît, il fait figure d'art populaire, abordable; c'est l'art moderne par excellence.

Nous allons maintenant dresser l'histoire de la folie au cinéma. Effectivement, le cinéma existe maintenant depuis plus d'un siècle; il est donc nécessaire d'analyser chronologiquement les rapports entre la folie et le cinéma.
Il est tout d'abord nécessaire de distinguer plusieurs phases dans l'histoire du cinéma.

Nous allons donc commencer par l'origine du cinéma jusqu'aux années 40. Avant les années quarantes, les personnages de malades mentaux ne sont utilisés que dans les films d'horreurs, ou encore les films fantastiques ne possédant aucun sens. Le fou fait à cette époque encore peur, et ceci se reflète dans le septième art. Le fou n'est absolument pas présenté comme un homme, et il donc écarté de tout rôle sensé. Fritz Lang, réalisateur allemand, est un parfait exemple de ce que les réalisateurs voulaient faire du fou dans leurs films. Dans son film "M le Maudit", il décrit un malade assassin. Il le caractérise de monstre pitoyable, sans humanité. Le fou est donc complètement déshumanisé. Des films comme "Dracula" (Tod Browning, 1931) apparentent la folie et les fous à des vampires et à des morts vivants; là encore, le fou n'est pas humain.
Mais le cinéma du début du 20 ème siècle met aussi en scène des savants fous. Ainsi, le fou aquiert plus d'intelligence, bien qu'il soit encore considérer comme le "méchant". On retrouve cet exemple du savant fou dans des films tel que "Docteur mabuse" de Fritz Lang (1922), "Caligari", de Robert Wiene (1920), ou encore "Frankenstein" de James Whale (1931/1935).
Bien qu'à cette époque les réalisateurs ne perçoivent le personnage du fou que comme un moyen de représenter des monstres particulièrement cruels et inexcusables, il existe tout de même certaines exception, à l'image du film "Freaks" de ted Browning (1936). Ce film se déroule dans le monde du cirque, et la majorité de ses personnages sont diformes physiquement (nains...). Dans ce film, les personnages sont joués par des acteurs réellement différents physiquement (sans trucages). Browning apporte donc à ses personnages de l'humanité, malgré leur anormalité. Les spectateurs finissent d'ailleurs par oubliés la particularité des personnages, et parvient à s'attacher. Ce fut un des premiers films qui réussit à donner un statut humanisé aux "monstres".
Grâce à ces évoutions, le fou est de moins moins stigmatisé, et les rôles de vampires et de créatures monstrueuses vont petit à petit disparaîtrent.

A l'image des chagements que la fin des années trentes avait connu, après les années 40, tout est différent. Effectivement, le cinéma ne se sert plus de la volonté de Dieu ou de la volonté humaine pour justifier les actes de ses personnages, mais il laisse maintenant place à l'inconscient. Celui ci fait figure de parfait motif, et avec lui, la folie va également connître ce rôle. C'est dans "Dans la maison du docteur Edwards", d'Alfred Hitchcock (1945) que l'aspect psychanalityque du fou va être beaucoup abordé. Outre l'enquête policière, ce qui passionne ici, c'est l'enquête que le fou fait sur lui même. le film lui apporte ce caractère humain que les films du début de siècle omettaient bien souvent. En effet, le malade réfléchit, il tente de se comprendre. Hitchcock aborde aussi la folie d'une autre manière, puisqu'il passe de l'autre côté de celle ci : en plus de montrer l'angoisse face à la folie, il montre l'angoisse de la folie et du fou.
C'est ainsi que par la suite, bon nombre de réalisateurs suivirent le schéma d'Hitchcock en tentant d'esprimant les deux peurs (du fou et des autres) de manière égale. On représente aussi beaucoup, à cette époque, le dédoublement de la personnalité. Le film "Images" de Robert Altman (1971) est une illustration parfaite de ce type de mise en scène de la folie. Il représente en effet le "kaléidoscope" mental d'un seul et même personnage. "L'autre" de Robert Mulligan (1972), est aussi une aventure dans le dédoublement de la personnalité. De plus, dans ce film, le monstre s'humanise, et les spectateurs peuvent alors s'identifier. Ici, on hésite pas rapprocher les monstres et les fous des spectateurs; la différence n'est plus si marquée, et la peur s'accentue donc. Ce phénomène d'humanisation atteint son paroxisme dans le film "Le boucher" de Claude Chabrol (1970). Chabrol met en effet en scène un fou, coupable de crimes horribles, possédant la particularité d'être très sympathique, agréable. On est très loin du fou animal, presque incapable de parler.

Toujours à la même époque, apparaît un nouveau personnage : me maniaque sexuel. Celui ci, évidement atteint de folie, est beaucoup représenté dans cette deuxième moitié du siècle. Mais contrairement aux monstres du cinéma d'autrefois, on met dorénavant en scène la maladie du maniaque. Ils sont bien sûr des criminels, mais le spectateur comprend qu'ils sont malades. Les réalisateurs ne rejettent plus la faute simplement sur le fou; à l'image du film "Psychose", d'Alfred Hitchcock (1960), tous les personnages du film sont coupables d'une certaine manière. Le fou est donc, en plus d'être humanisé, légerement déculpabilisé.
Dans le même temps, les spectateurs ainsi que les cinéastes s'interrogent sur la maladie de la folie et sur les fous; se produit alors un vrai questionnement sur la maladie mentale. Le cinéma réhabilite petit à petit le malade mental. Cette réabilitation est pour la première fois apparue en 1948, dans le film de Litvak "La fosse aux serpents". L'action de ce film se déroule dans un hopital psychiatrique. La psychanalyse y joue un rôle très important. Ici, une patiente tente de surmonter la maladie grâce à ses médecins et sa famille. Les termes médicales sont simplifiés par le réalisateur, mais celui ci montre tout de même un vrai respect de la maladie. Il a d'ailleurs procédé à une enquête dans de véritables hopitaux avant de tourner son film. Dans le film d'Anatole Litvak, le côté sensationnel qu'apportait le fou au cinéma semble être laissé de côté. Mais malheureusement, ce changement n'apparaîtra pas immédiatement dans le cinéma mondial. Effectivement, même le public s'attache encore aux scènes spectaculaires, ainsi qu'a la violence et aux scandales que procurent les personnages de fous au cinéma.
Pour en revenir aux progrès du cinéma face aux fous, nous pouvons citer "David et Lisa" de Franck Perry (1972). Ce film s'appuie également sur la psychanalyse, et les malades sont respectés par leurs attentifs et bons docteurs. Ici, la caricature n'a plus sa place.
Le problème auquel le cinéma fait principalement face, c'est la notion de normalité. Finalement, les cinéastes, autant que les spectateurs, comprennent que les fous ne sont pas nécessairement si différents de nous même. Ils ne font qu'assumer leur part de folie, volontairement ou non. Ainsi, c'est le cinéma qui va tenter de traduire cette évolution.

La troisième phase essentielle dans l'évolution du fou au cinéma commence au début des années 70. La folie, comme le laisser deviner les films des années précédentes, se banalise. La société porte plus d'interêt aux malades mentales et tente d'ailleurs de les comprendre. Ces chamgements de société vont donc se faire sentir dans le cinéma.
Même si ces nouveaux changements se font sentir majoritairement dnas les années 70, Il existe un film précurseur; "Shock Corridor" de Samuel Fuller (1963). Ici, les fous ne sont que le reflet de la société américaine de l'époque (et finalement d'aujourd'hui). Leurs mals sont en effet ceux des américains eux même. Le film est précurseur dans le fait qu'il s'intéresse beaucoup à l'environnement social, familial, professionnel ou encore sentimental et sexuel du malade. Cet environnement sert pour le cinéaste de justification de la folie.
Les fous dorénavant mis en scène au cinéma ne sont que des personnes simples, totalement contraires aux monstres des années 30. Ces nouveaux fous sont simplement devenus dépressifs du fait de circonstances de vies défavorables ("L'arrangement", d'Elia Kazan par exemple). 
Pour conclure, nous dirons que le cinéma moderne tente d'éliminer la notion de "normalité" , qui lui a auparavant bloqué l'idée que le fou était humain. Le cinéma s'appuie maintenant sur la société dans laquelle il évolue, société qui bascule de plus en plus dans les névroses et le malaise social. Effectivement, l'Amérique notamment, traverse des crises sociales succesives, et la polulation tout entière semble pouvoir sombrer dans la folie. Evidemment, cela ne se rpoduira pas, mais le cinéma a prouver que chacun d'entre nous avait le potentiel mental de devenir fou.


Pour finir, nous allons parler brièvement de deux différents types de fous au cinéma.
Tout d'abord, il existe le fou dangereux. Le fou dangereux présente un côté spectaculaire, qui plaît souvent aux spectateurs, fascinés. Ce type de fou fait souvent figure de criminel, serial killer très violent. Le cinéma qui met en scène le fou dangeureux aime à conduire son public dans la plus totale obsucurité de l'âme du fou. Ainsi, la schizophrénie est souvent la maladie que les réalisateurs choisissent d'associer à leur fou. "Psychose", d'Alfred Hitchcock, est d'ailleurs l'un des films qui traite le mieux la schizophrénie et le fou dangereux.
Il existe également le fou victime. Il est évidemment moins impressionant, et a donc connu plus de difficultés à intéresser le public. La maladie du fou victime résulte bien souvent de problèmes sociaux, et peut souvent être éviter. Les fous victimes ne sont pas des personnages violents, et c'est à leur psychologie que le cinéaste tente de s'interesser. On cherche à comprendre les raisons de la descente aux enfers du malade, comme par exemple dans "Sue perdue dans New York", d'Amos Kollek (1998). Le fou victime est l'un de ceux qui se rapproche le plus de nous.


La folie possède donc une histoire avec le cinéma. Celui ci l'a longtemps caricaturé, mais au fil du temps, la maladie mentale a trouvé sa place dans le spetième art. Le cinéma a progressé, sur le sujet de la folie, de la même manière que la société dans laquelle il a évolué. Pour que le cinéma change, il faut que son public admette ce changement. Ainsi, le cinéma a du attendre que le public et la société ne voit plus le fou comme un monstre, une bête, mais comme un être humain. Malgré les évolutions, le fou au cinéma reste difficile à représenter, et des nouvelles évolutions viendront surement avec les années.